Les Laurentides sont la chaîne de montagnes la plus accessible du Québec — à 1h30 au nord de Montréal, elles offrent des centaines de kilomètres de sentiers qui traversent des forêts de feuillus flamboyantes en automne, des sommets avec vues à 360 degrés, des chutes d'eau cachées et des lacs d'un bleu froid qu'on a envie de plonger. Ce guide recense les dix meilleurs sentiers, de la randonnée familiale facile aux ascensions soutenues qui vous couperont le souffle.
La Grande Traversée du Parc national du Mont-Tremblant est le sentier de longue randonnée le plus ambitieux des Laurentides : 105 kilomètres de bout en bout, reliant Saint-Côme à Saint-Donat à travers le coeur sauvage du parc. En version courte — les secteurs les plus spectaculaires entre le lac Monroe et le lac Chat — on obtient une randonnée de 2 à 3 jours avec nuitées en refuges ou en tentes aménagées.
Le paysage oscille entre forêts boréales de sapins et d'épinettes, tourbières mystérieuses et rivières à saumon. La section passant par les lacs Escalier et Ernie offre des panoramas sur les canopées laurentiennes qui semblent illimités. Réservation obligatoire pour les refuges sur le site de la SÉPAQ — les places partent vite de mai à octobre.
Ce circuit de 11 kilomètres est l'un des plus beaux du parc pour les randonneurs intermédiaires. La Corniche longe une crête avec des vues dégagées sur les collines laurentiennes, puis descend vers le lac Miroir — un plan d'eau encaissé dont la surface calme reflète parfaitement la forêt environnante. Le sentier emprunte des sections rocheuses exposées qui demandent un peu d'attention, mais aucune technique d'escalade. En automne, la combinaison des érablières en feu et des reflets du lac est l'une des plus photographiées des Laurentides.
À 968 mètres, le Mont-Tremblant est le point culminant des Laurentides. Le sentier Nansen, qui monte depuis le secteur La Diable, est la voie la plus sauvage vers le sommet — 9 kilomètres aller-retour à travers une forêt qui passe progressivement des érables aux épinettes rabougries caractéristiques de la zone subarctique. Le sommet offre une vue à 360 degrés sur un océan de montagnes et, par temps clair, jusqu'au mont Mégantic au sud et à la Gatineau à l'ouest. En octobre, c'est l'un des endroits les plus spectaculaires du Québec pour voir le couvert forestier en plein feu d'automne.
La Chute Windigo est l'une des cascades les plus impressionnantes des Laurentides — la rivière du Diable dégringole sur 15 mètres en plusieurs paliers, créant un bassin d'eau vert jade entouré de falaises de schiste. La randonnée qui y mène (7 km aller-retour depuis le camping Lac-Chat) longe la rivière du Diable, traversant des ponts de bois au-dessus de rapides et passant par plusieurs belvédères sur la rivière. C'est un excellent sentier familles confirmées — assez sauvage pour dépayser, assez balisé pour ne pas s'égarer.
Le Corridor Appalachien protège une longue bande de milieux naturels au coeur des Basses-Laurentides, à 1h de Montréal. Le circuit des lacs, qui serpente autour de plusieurs plans d'eau nichés dans des collines couvertes d'érablières, est un joyau méconnu. Le Sentier National traverse cette section sur 35 kilomètres — on peut en faire des tronçons d'une journée depuis les stationnements de Saint-Calixte ou Rawdon. La faune est abondante : castors, loutres, hérons et, à l'aube, le huard dont le cri résonne sur les lacs.
Les Laurentides exigent des bottes qui supportent les terrains rocheux, humides et parfois enneigés. Voici ce que nous recommandons.
Bottes de randonnée imperméables Bâtons télescopiques Sac à dos randonnée 30LLe Mont Kaaikop, avec son sommet à 631 mètres, offre l'une des meilleures vues 360° des Basses-Laurentides sans la foule du parc national. Le sentier principal monte en 4,5 km depuis le centre de plein air de Sainte-Agathe, traversant une forêt mixte avant de déboucher sur un belvédère rocheux dégagé. Par temps clair, on aperçoit les gratte-ciels de Montréal au sud et la masse du Mont-Tremblant au nord. Un incontournable pour les résidents de la région et les visiteurs d'une journée depuis Montréal.
Le Mont Olympe (585 m) est l'un des favoris des randonneurs de la région de Saint-Adolphe-d'Howard, et son sentier offre deux belvédères distincts : la Roche, une dalle de granit exposée à mi-chemin, et la Croix au sommet avec une vue plongeante sur le Lac Saint-Joseph. Le circuit de 8 kilomètres traverse des forêts matures de bouleaux jaunes et d'érables à sucre où, en automne, la lumière filtrée entre les feuilles orangées crée une ambiance cathédrale. Peu fréquenté en semaine, c'est un excellent choix pour la solitude.
La Rivière Rouge est l'une des rivières à rapides les plus sauvages des Laurentides, et le sentier des Dalles la longe sur ses tronçons les plus spectaculaires. Le belvédère des Dalles offre une vue sur une succession de rapides et de marmites creusées dans le granit rose par des millénaires d'érosion. Le sentier est court (5 km aller-retour) mais intense en terme de beauté paysagère, et peut être facilement combiné avec la Route Verte pour une journée vélo-randonnée dans la vallée.
La Réserve faunique Papineau-Labelle est l'un des territoires de plein air les moins connus et les plus sauvages des Laurentides. Le circuit du Lac Renard, accessible depuis le poste d'accueil de Notre-Dame-de-la-Paix, traverse 14 kilomètres de forêt boréale quasi intacte, longe le lac Renard et monte jusqu'à un promontoire rocheux avec vue sur un plateau forestier que l'on croirait en Abitibi. L'absence de foule — même en haute saison — est le principal attrait de cette randonnée pour qui cherche une véritable solitude.
Ce sentier de 7 kilomètres longe les rives marécageuses du lac Maskinongé avant de monter vers un belvédère ouvert sur le lac lui-même et les collines laurentiennes environnantes. C'est un sentier idéal pour l'observation des oiseaux — en mai et septembre, les migrations y concentrent des dizaines d'espèces — et pour les familles avec enfants. La passerelle flottante qui traverse le marais est un tronçon particulièrement mémorable, surtout au lever du soleil quand la brume enveloppe les nénuphars.